Comment ouvrir un salon de coiffure en 2022 ?

L'ouverture d'un salon de coiffure nécessite la détention d'un BP ou d'un BM de coiffure et le respect de diverses formalités.

1ère étape : Obtenir le diplôme nécessaire pour ouvrir un salon de coiffure

L'ouverture d'un salon de coiffure nécessite de détenir :

  • soit un brevet professionnel de coiffure (BP),
  • soit un brevet de maîtrise de la coiffure (BM),
  • soit un diplôme ou titre inscrit ou ayant été inscrit au répertoire national de certification professionnelle dans le même domaine que le brevet professionnel de coiffure et d'un niveau égal ou supérieur.

Le salon de coiffure doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d’une personne détenant l'un de ces diplômes (créateur, salarié...).

Peut-on ouvrir un salon de coiffure sans diplôme ?

Il est possible d’ouvrir un salon de coiffure sans diplôme.

Il faut pour cela que l’un des salariés du salon ou que le conjoint du créateur soit titulaire des diplômes requis pour l’exercice de l’activité de coiffeur (BP de coiffure, BM de coiffure ou titre équivalent).

Dans ce dernier cas de figure, le conjoint du créateur doit en outre avoir le statut de conjoint-collaborateur ou de conjoint-salarié.

2ème étape : Choisir le statut juridique du salon de coiffure

L'exploitation d'un salon de coiffure peut s'effectuer sous différents statuts :

  • en nom propre, c'est-à-dire sous la forme d'une entreprise individuelle ;
  • en société, seul (EURL, SASU) ou à plusieurs (SARL, SAS).

Le régime de l'auto-entrepreneur n'est pas la solution adaptée en raison des plafonds à ne pas dépasser (72 600 € pour les prestations de service) et de l'impossibilité de déduire ses charges.

Or, de nombreuses dépenses sont à prévoir lors de l'ouverture d'un salon de coiffure : loyer du bail commercial, achat du matériel, agencement du salon, salaires et charges sociales du personnel...

Entreprise individuelle ou société ?

La création d'une société impose de réaliser des formalités complexes qui peuvent nécessiter l'aide d'un avocat :

  1. Rédaction des statuts de la société.
  2. Dépôt des apports en numéraire et évaluation des apports en nature.
  3. Publication d'une annonce légale de constitution de la société.
  4. Dépôt d'une demande d'immatriculation au Répertoire des métiers (et au Registre du commerce et des sociétés, lorsque le salon est exploité en société commerciale).

A la différence d’une société, une entreprise individuelle est extrêmement souple de fonctionnement : pas de capital, pas d'associés, pas de statuts, et pas de gérant. Les formalités de création d'un salon de coiffure sous la forme d'une entreprise individuelle sont donc simples et rapides.

3ème étape : Choix du local du salon de coiffure

Le choix et l'implantation du local est déterminante pour réussir l'ouverture d'un salon de coiffure.

Plusieurs options :

  • implanter un salon de coiffure dans son propre domicile,
  • louer un local existant via la conclusion d'un bail commercial,
  • acheter un salon de coiffure existant,
  • choisir la location-gérance d'un salon de coiffure.

Installation du salon de coiffure à son domicile

Il est possible d'implanter un salon de coiffure dans son propre domicile.

Lorsque l'entrepreneur est locataire ou copropriétaire, il doit d'abord demander l'autorisation d'exercer à son propriétaire ou vérifier si le règlement de copropriété n'interdit pas l'exercice d'une activité professionnelle.

L'accueil de clients à son domicile étant susceptible d'engendrer des nuisances pour le voisinage, l'entrepreneur doit ensuite obtenir l'autorisation de la mairie.

Installation du salon de coiffure dans un local commercial

Un coiffeur peut conclure un bail commercial et bénéficier de ses avantages.

Il s'agit d'un bail conclu pour une durée minimale de 9 ans dont la principale caractéristique est de conférer au locataire le droit au renouvellement de son bail, ou à défaut le versement par le propriétaire d'une indemnité d'éviction.

Le locataire peut mettre fin à son contrat tous les 3 ans tandis que le propriétaire devra attendre 9 ans. La révision du loyer est strictement encadrée.

Achat d'un salon de coiffure existant

L'achat d'un salon de coiffure existant est une alternative à la création d’entreprise qui permet de bénéficier d'une clientèle existante et d'acquérir le droit au bail.

La lettre d'intention, non obligatoire, permet au vendeur et au repreneur de s'engager par écrit et de fixer le cadre des négociations portant sur la cession du fonds de commerce.

Le protocole d'accord, également appelé promesse de cession, matérialise les accords qui viennent d'aboutir entre le vendeur et le repreneur du fonds de commerce, en reprenant, un à un, chaque point de la négociation. Il est l'équivalent d'un compromis de vente.

L'acte de cession du fonds de commerce constitue l'acte définitif qui engage définitivement le vendeur et l'acheteur.

Option pour la location-gérance d'un salon de coiffure

La location-gérance consiste à louer un salon de coiffure pendant une certaine durée moyennant le versement d'une redevance au propriétaire, ce qui permet d'en assurer la gestion tout en évitant les frais élevés liés à son acquisition.

La location-gérance est principalement conçue pour tester une activité avant de s’établir de manière plus pérenne. Mais elle présente aussi des inconvénients.

4ème étape : Respecter les obligations des salons de coiffure

Respect de la réglementation ERP

En tant qu’ERP (Établissement recevant du public), un salon de coiffure doit respecter des règles de sécurité relatives aux incendies.

La réglementation à laquelle un salon de coiffure est soumis va dépendre de sa capacité d’accueil, elle-même déterminée par la superficie des lieux.

Un salon de coiffure n'a normalement pas besoin de demander une autorisation particulière à la mairie et ne sera donc pas systématiquement contrôlé avant l’ouverture.

Cependant, il peut recevoir la visite de la commission de sécurité à tout moment ; certains départements ont d’ailleurs rendu cette visite obligatoire.

Affichage des prix

Un salon de coiffure doit obligatoirement afficher en vitrine, de manière visible et lisible de l'extérieur, le tarif des prestations les plus courantes :

  • dans un salon pour hommes ou dans un salon pour femmes : au moins 10 prix TTC,
  • dans un salon mixte : au moins 20 prix TTC, dont 10 pour les femmes et 10 pour les hommes.

Ces tarifs doivent également être présentés à l'intérieur du salon, de façon visible et lisible par la clientèle à la caisse.

Utilisation d'un logiciel de caisse certifié

Depuis le 1er janvier 2018, il est obligatoire d’utiliser un logiciel de caisse certifié.

L’objectif de la certification est de rendre impossible la soustraction des paiements en espèces du chiffre d’affaires.

Tout professionnel qui ne dispose pas d’un logiciel de caisse certifié recevra une amende de 7 500 euros et devra se conformer à cette obligation dans les 60 jours suivants.