Comment ouvrir un salon de coiffure ?

Avant d'ouvrir un salon de coiffure, il faut déjà disposer du diplôme nécessaire. Puis, il faut choisir son statut juridique et procéder à l'immatriculation du salon de coiffure.

1ère étape : Obtenir un diplôme

Le salon de coiffure doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d'une personne justifiant d'une qualification professionnelle.

Cette personne (qui peut être le dirigeant de l'entreprise, l'un de ses salariés, un conjoint collaborateur ou associé) doit être titulaire :

  • du brevet professionnel de coiffure (BP),
  • du brevet de maîtrise de la coiffure (BM),
  • du diplôme ou titre inscrit ou ayant été inscrit au répertoire national de certification professionnelle dans le même domaine que le brevet professionnel de coiffure et d'un niveau égal ou supérieur.

Une dispense de qualification pour les coiffeurs pour hommes est accordée si l'exercice de la coiffure s'effectue à titre accessoire ou en complément d'une autre profession et dans une commune de moins de 2 000 habitants.

Le stage de préparation à l'installation désormais facultatif

Depuis l'entrée en vigueur de la loi Pacte le 22 mai 2019, l'inscription au répertoire des métiers (ou au Registre des entreprises dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle) ne nécessite plus la réalisation d'un stage de préparation à l'installation.

Les artisans, qu'ils soient auto-entrepreneurs ou pas, peuvent désormais débuter leur activité sans passer par cette formation préalable.

2ème étape : Rechercher un réseau de franchises en coiffure à intégrer

Les salons de coiffure franchisés représentent environ 10 % du total des salons, mais ils captent à eux seuls 1/3 de la clientèle.

La création d’un salon de coiffure en franchise permet un démarrage d’activité très rapide, l’enseigne et ses produits étant déjà connus du grand public. Le salon bénéficiera de la notoriété de l'enseigne et profitera des campagnes publicitaires qu'elle mène sur le territoire national.

Les réseaux de franchise spécialisés en salon de coiffure sont de plus en plus nombreux (147 en 2020). 4 réseaux se partagent l'essentiel des parts de marché : le groupe Provalliance (enseignes Franck Provost, Saint Algue, Fabio Salsa, Coiff&Co, Intermède, Interview, Niwel, Jean Marc Maniatis, HairCoif), suivi par le groupe Dessange (Dessange et Camille Albane), le groupe Vog (Tchip, Vog, Exclusif Coiffure) et le groupe Novaly (Frédéric Moréno, Jack Holt).

L’enseigne choisie est tenu de communiquer au futur franchisé plusieurs informations en lui remettant un document d’information précontractuel 20 jours au moins avant la signature du contrat de franchise.

3ème étape : Choisir le statut juridique du salon de coiffure

Seul ou à plusieurs ?

La meilleure option pour se lancer dans la coiffure consiste généralement à opter pour le régime de l'auto-entrepreneur, quitte à changer de statut juridique lorsque l'activité se développe.

Le bénéfice du régime de l'auto-entrepreneur est toutefois conditionné au respect d'un plafond maximum de chiffre d'affaires fixé à 176 200 € pour la vente de biens et à 72 600 € pour les prestations de service.

Lorsque l'entrepreneur prévoit de dépasser les plafonds de l'auto-entrepreneur dès la première année, il doit opter pour l'entreprise individuelle classique ou créer une société (EURL, SASU...).

Et lorsqu'il désire s'associer, il lui faudra obligatoirement se tourner vers la société, et notamment la SAS ou la SARL.

Qu'est-ce qui le plus important pour l'entrepreneur ?

Le choix du statut juridique d'un salon de coiffure doit également être motivé par :

  • l'importance des investissements nécessaires pour ouvrir le salon ;
  • le souci de protéger le patrimoine personnel de l'entrepreneur ;
  • la possibilité de transmettre le salon de coiffure ;
  • le montant des bénéfices susceptibles d'être réalisés ;
  • la complexité des règles de fonctionnement.

L'importance des investissements nécessaires

Lorsque les comptes prévisionnels établissent que l'entreprise risque de manquer de moyens financiers, le recours à des investisseurs peut s'avérer indispensable.

Pour les accueillir, la création d'une société s'impose, le capital social pouvant être divisé en différentes parts.

L'entreprise individuelle n'est pas prévue pour accueillir d'autres personnes.

Le souci de protéger son patrimoine personnel

Lorsque le souci principal de l'entrepreneur est la protection de son patrimoine personnel, il a tout intérêt à créer une société.

En effet, sauf si le dirigeant s'est porté caution du prêt contracté par la société, les créanciers de l'entreprise ne pourront saisir que le patrimoine professionnel en cas d'impayés.

La possibilité de transmettre le salon de coiffure

Une entreprise individuelle peut parfaitement être transmise à des enfants ou à des salariés. Mais puisqu'elle constitue un "tout", composé d’éléments incorporels (clientèle, droit au bail, nom commercial, enseigne, brevet, etc.) et corporels (outillage, matériel, etc.), elle ne peut être donnée que dans sa totalité.

En revanche, les parts ou les actions d'une société présentent l’avantage de pouvoir être transmises progressivement. C’est pourquoi, il est généralement recommandé de transformer au préalable son entreprise individuelle en société avant de la transmettre.

Le montant des bénéfices susceptibles d'être réalisés

De façon générale, plus les bénéfices sont redistribués à l'entrepreneur, plus le régime de l'impôt sur le revenu est favorable (entreprise individuelle, EURL).

Plus ils sont réutilisés pour l'activité de l'entreprise, plus l'impôt sur les sociétés est indiqué (SARL, SA, SAS);

La complexité des règles de fonctionnement

Dans l'entreprise individuelle, les règles sont réduites au minimum. Le dirigeant prend toutes les décisions et engage sa responsabilité en cas d'erreur.

Dans la société, le dirigeant doit observer un certain formalisme pour chacune des décisions qu'il prend, celui-ci n'étant que le mandataire de la société. Pour tous les actes importants, il devra aussi obtenir l'approbation des autres associés.

4ème étape : Immatriculer le salon de coiffure

Lorsque l'entrepreneur choisit de créer une société telle qu'une SARL, les formalités sont plus complexes et peuvent nécessiter l'aide d'un avocat :

  1. Rédaction des statuts de la société.
  2. Dépôt des apports en numéraire et évaluation des apports en nature.
  3. Publication d'une annonce légale de constitution de la société.
  4. Dépôt d'une demande d'immatriculation au Répertoire des métiers (et au Registre du commerce et des sociétés, lorsque le salon est exploité en société commerciale).

Lorsque l'entrepreneur opte pour l'entreprise individuelle, les formalités se limitent au dépôt d'une demande d'immatriculation car cette structure ne comporte pas de capital social et n'exige pas la rédaction de statuts.

5ème étape : Trouver le lieu pour installer le salon de coiffure

Exercer au domicile des clients

Le coiffeur à domicile est amené à se déplacer au domicile de ses clients, sur leurs lieux de travail ou de vacances ou encore dans des établissements collectifs (en maison de retraite, par exemple).

Le coiffeur à domicile qui exerce dans une autre commune que celle de son domicile ou de son établissement principal doit être muni de la carte d'artisan ambulant.

Les conditions de diplômes pour exercer la profession de coiffeur à domicile sont un peu plus souples.

S'installer à son domicile

Il est possible d'implanter un salon de coiffure dans son propre domicile.

Lorsque l'entrepreneur est locataire ou copropriétaire, il doit d'abord demander l'autorisation d'exercer à son propriétaire ou vérifier si le règlement de copropriété n'interdit pas l'exercice d'une activité professionnelle.

L'accueil de clients à son domicile étant susceptible d'engendrer des nuisances pour le voisinage, l'entrepreneur doit ensuite obtenir l'autorisation de la mairie.

Louer un local existant

Un coiffeur peut conclure un bail commercial et bénéficier de ses avantages.

Il s'agit d'un bail conclu pour une durée minimale de 9 ans dont la principale caractéristique est de conférer au locataire le droit au renouvellement de son bail, ou à défaut le versement par le propriétaire d'une indemnité d'éviction.

Le locataire peut mettre fin à son contrat tous les 3 ans tandis que le propriétaire devra attendre 9 ans. La révision du loyer est strictement encadrée.

Acheter un salon de coiffure existant

L'achat d'un salon de coiffure existant est une alternative à la création d’entreprise qui permet de bénéficier d'une clientèle existante et d'acquérir le droit au bail.

La lettre d'intention, non obligatoire, permet au vendeur et au repreneur de s'engager par écrit et de fixer le cadre des négociations portant sur la cession du fonds de commerce.

Le protocole d'accord, également appelé promesse de cession, matérialise les accords qui viennent d'aboutir entre le vendeur et le repreneur du fonds de commerce, en reprenant, un à un, chaque point de la négociation. Il est l'équivalent d'un compromis de vente.

L'acte de cession du fonds de commerce constitue l'acte définitif qui engage définitivement le vendeur et l'acheteur.

Opter pour la location-gérance d'un salon de coiffure

La location-gérance consiste à louer un salon de coiffure pendant une certaine durée moyennant le versement d'une redevance au propriétaire, ce qui permet d'en assurer la gestion tout en évitant les frais élevés liés à son acquisition.

La location-gérance est principalement conçue pour tester une activité avant de s’établir de manière plus pérenne. Mais elle présente aussi des inconvénients.

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