Comment ouvrir un salon de coiffure ?

La création d'un salon de coiffure nécessite de suivre un certain nombre de formalités : obtention d'un BP ou d'un BM de coiffure, réalisation d'un stage de préparation à l'installation...

1ère étape : obtention d'une qualification professionnelle pour l'exercice de l'activité de coiffure en salon

Un salon de coiffure doit être placé sous le contrôle effectif et permanent d'une personne justifiant d'une qualification professionnelle.

Cette personne (qui peut être le dirigeant de l'entreprise, l'un de ses salariés, un conjoint collaborateur ou associé) doit être titulaire :

  • du brevet professionnel de coiffure (BP),
  • du brevet de maîtrise de la coiffure (BM),
  • du diplôme ou titre inscrit ou ayant été inscrit au répertoire national de certification professionnelle dans le même domaine que le brevet professionnel de coiffure et d'un niveau égal ou supérieur.

Une dispense de qualification pour les coiffeurs pour hommes est accordée si l'exercice de la coiffure s'effectue à titre accessoire ou en complément d'une autre profession et dans une commune de moins de 2 000 habitants.

Le stage de préparation à l'installation désormais facultatif

Depuis l'entrée en vigueur de la loi Pacte le 22 mai 2019, l'inscription au répertoire des métiers (ou au Registre des entreprises dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle) ne nécessite plus la réalisation d'un stage de préparation à l'installation.

Les artisans, qu'ils soient auto-entrepreneurs ou pas, peuvent désormais débuter leur activité sans passer par cette formation préalable.

2ème étape : choix du statut juridique

La meilleure option pour se lancer dans la coiffure consiste généralement à opter pour le régime de l'auto-entrepreneur, quitte à changer de statut juridique lorsque l'activité se développe.

Le bénéfice du régime de l'auto-entrepreneur est toutefois conditionné au respect d'un plafond maximum de chiffre d'affaires fixé à 176 200 € pour la vente de biens et à 72 600 € pour les prestations de service.

Lorsque l'entrepreneur prévoit de dépasser les plafonds de l'auto-entrepreneur dès la première année, il doit opter pour l'entreprise individuelle classique ou créer une société (EURL, SASU...).

Et lorsqu'il désire s'associer, il lui faudra obligatoirement se tourner vers la société, et notamment la SAS ou la SARL.

Le choix du statut juridique d'un salon de coiffure doit également être motivé par :

  • l'importance des investissements nécessaires pour ouvrir le salon ;
  • le souci de protéger le patrimoine personnel de l'entrepreneur ;
  • la possibilité de transmettre le salon de coiffure ;
  • le montant des bénéfices susceptibles d'être réalisés ;
  • la complexité des règles de fonctionnement.

3ème étape : immatriculation de l'entreprise

Lorsque l'entrepreneur choisit de créer une société telle qu'une SARL, les formalités sont plus complexes et peuvent nécessiter l'aide d'un avocat :

  1. Rédaction des statuts de la société.
  2. Dépôt des apports en numéraire et évaluation des apports en nature.
  3. Publication d'une annonce légale de constitution de la société.
  4. Dépôt d'une demande d'immatriculation au Répertoire des métiers (et au Registre du commerce et des sociétés, lorsque le salon est exploité en société commerciale).

Lorsque l'entrepreneur opte pour l'entreprise individuelle, les formalités se limitent au dépôt d'une demande d'immatriculation car cette structure ne comporte pas de capital social et n'exige pas la rédaction de statuts.

4ème étape : détermination du lieu d'exercice de l'activité

Plusieurs options :

  • implanter un salon de coiffure dans son propre domicile,
  • louer un local existant via la conclusion d'un bail commercial,
  • acheter un salon de coiffure existant, ce qui permet de bénéficier d'une clientèle existante et d'acquérir le droit au bail,
  • recourir à la location-gérance, c'est-à-dire louer un salon de coiffure pendant une certaine durée moyennant le versement d'une redevance au propriétaire, ce qui permet d'en assurer la gestion tout en évitant les frais élevés liés à son acquisition.

Installation du salon de coiffure à son domicile

Il est possible d'implanter un salon de coiffure dans son propre domicile.

Lorsque l'entrepreneur est locataire ou copropriétaire, il doit d'abord demander l'autorisation d'exercer à son propriétaire ou vérifier si le règlement de copropriété n'interdit pas l'exercice d'une activité professionnelle.

L'accueil de clients à son domicile étant susceptible d'engendrer des nuisances pour le voisinage, l'entrepreneur doit ensuite obtenir l'autorisation de la mairie.

Installation du salon de coiffure dans un local commercial

Un coiffeur peut conclure un bail commercial et bénéficier de ses avantages.

Il s'agit d'un bail conclu pour une durée minimale de 9 ans dont la principale caractéristique est de conférer au locataire le droit au renouvellement de son bail, ou à défaut le versement par le propriétaire d'une indemnité d'éviction.

Le locataire peut mettre fin à son contrat tous les 3 ans tandis que le propriétaire devra attendre 9 ans. La révision du loyer est strictement encadrée.

Achat d'un salon de coiffure existant

L'achat d'un salon de coiffure existant est une alternative à la création d’entreprise qui permet de bénéficier d'une clientèle existante et d'acquérir le droit au bail.

La lettre d'intention, non obligatoire, permet au vendeur et au repreneur de s'engager par écrit et de fixer le cadre des négociations portant sur la cession du fonds de commerce.

Le protocole d'accord, également appelé promesse de cession, matérialise les accords qui viennent d'aboutir entre le vendeur et le repreneur du fonds de commerce, en reprenant, un à un, chaque point de la négociation. Il est l'équivalent d'un compromis de vente.

L'acte de cession du fonds de commerce constitue l'acte définitif qui engage définitivement le vendeur et l'acheteur.

Option pour la location-gérance d'un salon de coiffure

La location-gérance consiste à louer un salon de coiffure pendant une certaine durée moyennant le versement d'une redevance au propriétaire, ce qui permet d'en assurer la gestion tout en évitant les frais élevés liés à son acquisition.

La location-gérance est principalement conçue pour tester une activité avant de s’établir de manière plus pérenne. Mais elle présente aussi des inconvénients.