Comment créer une entreprise de ecommerce en 9 étapes ?

Créer une boutique en ligne nécessite le respect de diverses formalités et règles juridiques. Le choix du statut juridique de son entreprise de e-commerce en constitue l'une des étapes.

1. Choix de la forme juridique de l'entreprise de ecommerce

Dès l’instant où un site internet génère des revenus (biens, services, espaces publicitaires), son propriétaire est tenu de choisir un statut pour l’exercice de son activité : entrepreneur individuel (régime de la micro-entreprise et régime réel) ou société.

Certaines personnes pensent que la revente d'objets achetés à bas prix sur internet ne nécessite pas de créer une entreprise et de s'immatriculer au RCS... Ce n'est pourtant pas l'avis de l'administration fiscale qui estime que ces revenus doivent être déclarés et qu'on ne peut délivrer une facture, même occasionnelle, sans statut légal. Le régime de la micro-entreprise est particulièrement adapté à cette activité.

Il n'existe pas un seuil minimum ou maximum de ventes. C'est la régularité de l'activité, son caractère lucratif et l'organisation mise en place qui imposent la création d'une entreprise de ecommerce. L'administration fiscale est d'ailleurs plus sévère avec celui qui vend très régulièrement sur Internet, mais pour de petites sommes, qu'avec celui qui ne vend qu'une fois un objet pour une forte somme.

2. Choix du nom de domaine du site de ecommerce

Il convient de vérifier que le nom de domaine que vous souhaitez déposer n'est pas une marque déjà réservée. En effet la marque est prioritaire sur le nom de domaine. Elle pourrait même imposer la fermeture définitive du site qui utiliserait cette marque.

Il est préférable que le nom de domaine soit déposé par l'entreprise et non par un associé ou par le gérant à titre personnel. Cela présenterait un risque pour l'entreprise, le déposant pouvant en revendiquer ultérieurement la propriété.

Il est important de vérifier que le nom de domaine n'a pas été déposé au nom du prestataire qui effectue les développements du site, car dans ce cas, il n'appartiendrait pas à l'entreprise de commerce. En revanche, il est normal que ce prestataire y figure comme interlocuteur technique.

Si la personne qui a fait la démarche au sein de l'entreprise vient à quitter celle-ci, il ne faut pas oublier de modifier le nom et l'adresse email du contact car les relances sont effectuées par e-mail.

3. Identifier la règlement applicable aux produits vendus par le site de ecommerce

Tout ce que vous vendez sur le territoire français, ou qui est destiné ou accessible sur le territoire français, que ce soit sur votre propre site ou le site de tiers, doit respecter la législation française.

Vous devez ainsi respecter le droit de la propriété industrielle (marques, brevets, dessins et modèles, droit d'auteur ...) ainsi que les normes françaises et européennes (règlementation des lotos en ligne, de la vente de voyages, de produits pharmaceutiques...).

Par ailleurs, certains biens, même d'occasion, ne peuvent pas être vendus en dehors de leur réseau de distribution sélective, sous peine de condamnation. C'est notamment le cas de certains parfums qui ne peuvent pas être vendus en dehors des points de vente physiques préalablement agréés par le fabriquant.

Vous devez être vigilant sur les produits que vous vendez car, même si vous n'êtes pas le fabricant, vous pouvez être jugé responsable si les biens vendus sur votre site sont des contrefaçons.

4. Rédiger des conditions générales de vente (CGV)

La de conditions générales de vente est obligatoire.

Les conditions générales de vente apportent des précisions sur :

  • les modalités d'achat : par téléphone, par la création d'un compte client, par courrier postal,
  • les modalités de paiement : les moyens de paiement acceptés, les modes de sécurisation des paiements et les modes de sécurisation des paiements,
  • l'expédition et le délai de livraison,
  • le délai de rétractation du consommateur.

5. Insérer des mentions légales dans le site de ecommerce

Une boutique en ligne ne doit pas être anonyme, et un visiteur ou un client doit pouvoir identifier le vendeur, et savoir comment le contacter.

Vous devez afficher sur une page facile à trouver les renseignements légaux, à savoir :

  • le nom de la société, l'adresse du siège, le pays,
  • le nom du gérant,
  • un ou plusieurs moyens de contact du marchand (Email, téléphone, Fax, formulaire, adresse postale...),
  • le numéro de Kbis de l'entreprise,
  • le capital de l'entreprise,
  • le nom de l'hébergeur du site,
  • le numéro de déclaration à la CNIL...

6. Constituer un registre de traitement des données personnelles

Depuis l'entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD), les déclarations à la CNIL ont été supprimées.

Les sites commerciaux de vente de biens ou de services, qui collectent des informations nominatives (nom, courriel) et constituent des fichiers de clients et de prospects, doivent désormais constituer 3 types de registres :

  • le registre des traitements
  • le registre des activités de sous-traitance
  • le registre des violations de données à caractère personnel

Ces registres doivent être établis au format papier ou électronique. Ils n'ont pas à être transmis à la CNIL.

7. Respecter la propriété intellectuelle (contenu et images)

Si vous souhaitez que votre site Web comporte des documents, des photographies, des vidéos, de la musique, des logos, des manuels de formation, des dessins, etc. qui ne vous appartiennent pas, vous devez normalement disposer de l'autorisation écrite du titulaire des droits. Même si vous utilisez seulement en partie une oeuvre protégée.

Par ailleurs, il y a lieu d'être particulièrement prudent lorsque vous utilisez des photographies sur votre boutique en ligne. Outre l'autorisation du titulaire des droits sur la photographie (en général le photographe), vous devrez peut-être aussi obtenir une autre autorisation concernant le sujet même de la photographie. En effet, si la photographie représente une personne, vous devrez peut-être demander à celle-ci l'autorisation d'utiliser son image.

S'agissant d'une photographie d'une oeuvre d'art protégée par le droit d'auteur, vous devrez obtenir l'autorisation de l'artiste. S'agissant de photographies de bâtiments, il se peut que vous ayez besoin, dans certains pays, de l'autorisation de l'architecte.

8. Choisir le mode de paiement

Le paiement peut être effectué lors de la commande ou à la livraison (dans ce cas des frais supplémentaires peuvent être appliqués).

Vous pouvez proposer différents types de paiement : paiement par chèque, paiement en ligne, par carte bleue (CB), par porte-monnaie électronique, par SMS, par le fournisseur d'accès à internet (FAI), etc.

9. Respect du droit de la consommation (clients non professionnels)

La loi pose un principe de présomption de responsabilité du cybervendeur en énonçant qu'il est "responsable de plein droit à l'égard de l'acheteur de la bonne exécution des obligations résultant du contrat, que ces obligations soient à exécuter par elle-même ou par d'autres prestataires de services, sans préjudice de son droit de recours contre ceux-ci".

Cette protection est renforcée par une responsabilité totale du vendeur dans toute la chaîne d'exécution de la vente, y compris la livraison. Si le produit n'arrive pas chez votre client, vous devrez lui livrer à nouveau sa commande et vous retourner par exemple contre le transporteur si le colis a été perdu.

La limite à cette responsabilité est la mauvaise foi de l'acheteur, l'endommagement du produit ou une mauvaise utilisation du service par l'acheteur. Vous avez donc une obligation d'information importante vis-à-vis de vos clients, avec des sanctions pénales prévues en cas de non-respect.

En dehors des obligations de droit commun qui pèsent sur les commerçants de manière générale, il existe une législation spécifique prévue aux articles L. 111-1 et suivants du Code de la consommation.

Celle-ci contraint le vendeur en ligne à respecter un certain nombre de règles :

  • l'information préalable du client,
  • le droit de rétractation des particuliers,
  • la livraison dans un délai déterminé...