Quelles sont les charges déductibles en micro-entreprise ?
Roxane Hidoux - Juriste en droit des entreprises |
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Un auto-entrepreneur n'a pas la possibilité de déduire les frais qu'il engage dans le cadre de son activité.
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Recouvrer une facture impayée |
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Sommaire
Un auto-entrepreneur ne peut pas déduire ses charges
Quelle que soit son option fiscale (versement libératoire ou barème progressif), un auto-entrepreneur est imposé sur son chiffre d'affaires et ne peut déduire aucune charge ni amortir son matériel.
C'est uniquement sur la base du chiffre d'affaires, c'est-à-dire sur les sommes encaissées, que les cotisations sociales et l'impôt sur le revenu sont calculés, peu importe que l'auto-entrepreneur n'ait fait aucun bénéfice ou soit en déficit. Un auto-entrepreneur paie donc des impôts sur ses frais.
Par conséquent, toutes les dépenses professionnelles (emprunt, achats de matières premières, loyer, assurances, téléphone, frais de véhicule, cotisations sociales, abonnement à une plateforme pour un Freelance dans l'informatique...) restent à la charge de l'auto-entrepreneur.
Finalement, le régime de l'auto-entrepreneur n'est adapté qu'à ceux qui envisagent d'exercer une activité nécessitant peu d'investissements et dont les charges sont très faibles voire nulles.
Lancer une activité e-commerce
Pour démarrer en toute conformité, le guide "Se lancer dans le ecommerce" détaille le cadre juridique spécifique pour :
- Choisir le statut juridique adapté (comparatif SASU, EURL, micro-entreprise)
- Intégrer toutes les mentions légales obligatoires
- Rédiger des conditions générales de vente (CGV) conformes
- Respecter la réglementation (données personnelles, avis clients, droit de rétractation)
- Comparatif des statuts juridiques
- Mentions obligatoires
- Rédaction des CGV
- Réglementation : données personnelles, avis clients...
Un auto-entrepreneur peut déduire les débours
Plutôt que d'intégrer les frais qu'ils engagent dans leur prix de vente, les auto-entrepreneurs peuvent appliquer le système des débours (article 267, II, 2° du Code général des impôts). Il s'agit de sommes avancées par l'auto-entrepreneur, puis remboursées par la suite par le client.
Définition des débours
Les frais de débours correspondent à l'achat de marchandises dont la mise en œuvre s'accompagne d'une prestation de services (pose, installation, mise en route, livraison, etc.), sur laquelle l'auto-entrepreneur n'effectue aucune marge.
Exemples :
- achat de marchandises dans le cadre d'une prestation de service : produits d'entretien, fournitures diverses, équipements, matériels…
- frais de port,
- frais de déplacement (hors frais de kilométrage),
- achat de matières premières nécessaires à la réalisation du service : bois, produits à cuisiner…
| Débours | Achat | |
|---|---|---|
| Type de dépenses | Frais de livraison des accessoires au domicile du client | Coût d'achat du pot de peinture |
| Coût | 15 € payés à La Poste | 6 € payés à un magasin de bricolage |
| Montant à facturer au client | 15 € | 6 € + marge (ex : 3 €) = 9 € |
| Base de calcul des cotisations et impôts | 15 € | 9 € |
L'avantage est que les débours ne sont pas à inclure dans le chiffre d'affaires perçu par l'auto-entrepreneur (Journal Officiel du 29/03/2011, page 3122). Il ne paie donc pas de cotisations sociales ni d'impôt sur le revenu dessus. Mais cela impose de respecter une procédure particulière.
Les frais Paypal et les indemnités kilométriques ne peuvent pas bénéficier du système des débours.
Établir une facture conforme
Pour facturer en toute sécurité juridique, le guide "Factures : mode d'emploi" détaille les mentions légales impératives et fournit des modèles adaptés pour :
- Intégrer toutes les mentions obligatoires
- Appliquer correctement les règles de TVA et les exonérations
- Respecter les délais de paiement légaux et les pénalités de retard
- Engager les recours en cas d'impayé (relance, injonction de payer)
- Mentions obligatoires
- Gestion de la TVA
- Délais de paiement
- Recours en cas d'impayé
Règles de déduction des débours
La déduction des débours n'est possible que si certaines conditions sont respectées.
A savoir : le montant des débours n'est pas plafonné.
Accord écrit du client
L'auto-entrepreneur doit disposer d'un accord écrit du client, intitulé " mandat de débours ", qui précise la demande de réaliser un achat ainsi que le budget alloué.
Ce contrat oblige le client à rembourser à l'auto-entrepreneur les dépenses effectuées en son nom et pour son compte au centime près.
Modèle de mandat de débours
Le mandaté
X (identité de l'auto-entrepreneur)
Adresse
Numéro SIRET
Le mandataire
X (identité du client)
Adresse
Numéro SIRET
Je soussigné le mandataire, atteste que les remboursements effectués par moi, au mandaté, le sont au titre de débours en vertu d'un mandat préalable et explicite dans le cadre normal de son activité professionnelle en contrat avec moi.
J'atteste que le mandaté me rend exactement compte du montant des dépenses engagées.
Pour servir et faire valoir ce que de droit,
Fait à …..
Signature du client
Obtention d'une facture au nom du client
L'auto-entrepreneur doit impérativement demander au fournisseur ou au prestataire une facture au nom de son client, en faisant figurer toutes les informations légales de ce dernier (SIRET, TVA intracommunautaire, adresse du siège social, etc.)
Il doit ensuite remettre au client une copie de cette facture pour être remboursé.
Attention, une dépense engagée pour le client dont la facture est au nom de l'auto-entrepreneur entre dans la catégorie des frais professionnels et n'est pas déductible.
Remboursement de la facture par le client
L'auto-entrepreneur doit conserver tous les justificatifs des frais qu'il a engagés pour le compte de son client (factures, tickets de caisse et autres récépissés de paiement).
Il doit ensuite les remettre à son client pour se faire rembourser.
Le remboursement doit être effectué à l'euro près ; il n'est pas possible de réaliser une marge sur les débours.
Conservation des justificatifs
L'auto-entrepreneur doit conserver des copies de ces justificatifs pour sa propre comptabilité.
En cas de contrôle, ils lui seront indispensables pour appuyer son livre des recettes, dans lequel il doit mentionner le terme " débours " à côté de la somme correspondante.
Se lancer dans les services à la personne - aspects juridiques
Pour démarrer cette activité réglementée, le guide "S'installer dans les services à la personne" détaille le cadre spécifique et fournit les modèles de documents obligatoires pour :
- Choisir le statut juridique adapté (comparatif auto-entrepreneur, SASU, association)
- Respecter les conditions d'activité exclusive et d'offre de services globale
- Obtenir l'agrément, l'autorisation ou effectuer la déclaration préalable
- Utiliser les modèles de devis, de contrat et d'attestation fiscale
- Comparatif des statuts juridiques
- Conditions d'activité exclusive et d'offre globale
- Agrément, autorisation, déclaration
- Modèles de documents : devis, attestation fiscale...
Un auto-entrepreneur ne peut pas déduire la TVA
Un auto-entrepreneur qui bénéficie de la franchise en base de TVA ne peut pas déduire la TVA qu'il a acquittée lors de ses achats professionnels (matériel informatique, fourniture, restaurant, etc.).
Pour rappel, la franchise en base de TVA est applicable lorsque le chiffre d'affaires annuel HT de l'année précédente n'excède pas :
- 37 500 € pour les prestations de services,
- 85 000 € pour les activités de commerce et d'hébergement (hôtels, chambres d'hôtes, gîtes ruraux, meublés de tourisme).
Un auto-entrepreneur qui se situe en dessous de ces seuils peut cependant opter pour l'assujettissement volontaire à la TVA. Il pourra alors déduire du montant qu'il doit reverser à l'Etat la TVA qu'il a lui-même payée, lorsqu'il a réalisé des dépenses pour les besoins de son activité (TVA sur les achats de matières premières, sur l'électricité, sur l'achat d'un ordinateur...).
Louer un logement aux touristes
Pour mettre en location en toute conformité, le guide "Louer à des touristes" détaille la réglementation spécifique et fournit les modèles de contrats et déclarations pour :
- Effectuer la déclaration en mairie (à jour de la loi Le Meur)
- Choisir le régime fiscal adapté (micro-BIC, réel, LMNP)
- Déterminer et déclarer les cotisations sociales applicables
- Rédiger le contrat de location saisonnière conforme
- Déclaration en mairie (à jour de la loi Le Meur)
- Choix du régime fiscal
- Cotisations sociales
- Rédaction du contrat de location
Un auto-entrepreneur bénéficie d'un abattement forfaitaire représentatif des charges
Imposition au barème progressif
Un auto-entrepreneur qui n'a pas opté pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu bénéficie automatiquement d'un abattement forfaitaire représentatif de ses charges professionnelles (frais de déplacement, cotisations sociales, charges liées au local professionnel, amortissements, etc.).
En pratique, l'administration fiscale pratique un abattement sur le chiffre d'affaires reporté sur la déclaration d'impôt sur le revenu. C'est le résultat après abattement qui est ensuite ajouté à ses autres revenus et soumis au barème progressif.
L'abattement dépend de la nature de l'activité :
- 92 % du CA pour les meublés de tourisme classés situés en zone rurale,
- 71 % du CA pour :
les activités d'achat/revente,
la fabrication (pour les revendre) de produits à partir de matières premières,
la vente de denrées à consommer sur place,
la fourniture de prestations d'hébergement (hôtel, chambres d'hôtes, meublés de tourisme classé). - 50 % du CA pour les autres activités relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux),
- 34 % du CA pour les BNC (bénéfices non commerciaux),
- 30 % du CA pour les meublés de tourisme non classés.
Avec un minimum d'abattement de 305 €.
L'auto-entrepreneur a intérêt à ce que ses charges réelles soient inférieures à l'abattement pratiqué par l'administration. Sinon, il doit envisager d'opter pour un régime réel d'imposition et donc d'abandonner le régime micro-fiscal.
Option pour le versement libératoire
Un auto-entrepreneur a la possibilité d'opter pour le versement libératoire de son impôt sur le revenu.
L'impôt est alors égal à un pourcentage qui dépend de l'activité qu'il exerce :
- 1 % pour les entreprises de vente ou de fourniture de logement
- 1,7 % pour les entreprises réalisant des prestations de services
- 2,2 % pour les titulaires de bénéfices non commerciaux
Ce pourcentage est appliqué directement sur le chiffre d'affaires, il n'y a pas d'abattement forfaitaire représentatif des frais professionnels.
L'impôt est prélevé en même temps que les cotisations sociales ; l'auto-entrepreneur n'est donc pas soumis au dispositif du prélèvement à la source sur les revenus tirés de cette activité.
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- Établir des devis et factures conformes aux obligations légales
- Recouvrer efficacement les factures impayées
- Dividendes et compte courant d'associé
- Remboursement de frais
- Devis et factures
- Recouvrement des impayés
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