Indices ILC, ILAT et ICC : quels taux pour le 2e trimestre 2026 ?
Roxane Hidoux |
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Les indices ICC, ILC et ILAT pour le deuxième trimestre 2026 ont été publiés par l'Insee le 23 septembre 2026, puis au Journal officiel les 24 et 25 septembre 2026. Ces indices servent de référence pour la révision des loyers dans le cadre d'un bail commercial ou professionnel, ou encore d'un contrat de location régi par le Code civil (garage, box, emplacement de parking, cave).
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Sommaire
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Quelles sont les valeurs des indices au 2e trimestre 2026 ?
| Indice | Valeur T2 2026 | Évolution sur 1 an | Évolution sur 3 ans | Évolution sur 9 ans |
|---|---|---|---|---|
| ILC | 137,16 | + 0,26 % | + 4,06 % | + 24,69 % |
| ILAT | 138,01 | + 0,63 % | + 5,64 % | + 25,59 % |
| ICC | 2 103 | + 0,81 % | - 0,94 % | + 26,38 % |
Quel indice s'applique à quel type de bail ?
L'indice des loyers commerciaux (ILC)
L'ILC est l'indice de référence pour les baux portant sur une activité commerciale ou artisanale. Il concerne principalement les boutiques, les locaux commerciaux et les locaux artisanaux.
Au 2e trimestre 2026, l'ILC s'établit à 137,16. Il progresse de 1,40 % par rapport au trimestre précédent, où il s'élevait à 135,26.
Sur un an, l'indice repasse dans le vert : il progresse de 0,26 % par rapport au 2e trimestre 2025, où il s'établissait à 136,81. L'ILC renoue ainsi avec la hausse annuelle après trois trimestres consécutifs de baisse.
Pour la révision triennale, la hausse ressort à 4,06 % par rapport à l'indice du 2e trimestre 2023, qui s'élevait à 131,81.
Pour le plafonnement des loyers applicable lors du renouvellement d'un bail commercial au terme des 9 ans, la hausse ressort à 24,69 % par rapport à l'indice du 2e trimestre 2017, lequel s'élevait à 110,00.
L'ILC repose sur deux composantes : les prix à la consommation comptent pour 75 % et l'indice du coût de la construction pour 25 %. Il est calculé sur une base 100 au 1er trimestre 2008.
L'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT)
L'ILAT peut servir de référence à la révision des baux portant sur des activités tertiaires autres que commerciales et artisanales. Il peut notamment être utilisé, sous réserve des règles applicables au bail concerné, pour la location d'espaces de bureaux, les activités des professions libérales ou encore certaines activités exercées dans des entrepôts logistiques.
Au 2e trimestre 2026, l'ILAT s'établit à 138,01, contre 137,42 au trimestre précédent, soit une hausse de 0,43 %.
Sur un an, il progresse de 0,63 %, contre seulement 0,09 % au trimestre précédent. Au 2e trimestre 2025, il s'établissait à 137,15.
Sur 3 ans, la hausse atteint 5,64 % par rapport à l'indice du 2e trimestre 2023, qui s'élevait à 130,64.
Sur 9 ans, la progression ressort à 25,59 % par rapport à l'indice du 2e trimestre 2017, lequel s'élevait à 109,89.
L'indice du coût de la construction (ICC)
L'ICC reste suivi pour certains baux anciens ou pour des clauses spécifiques, même si son rôle est aujourd'hui plus limité dans les nouveaux contrats. Il ne fait plus partie des indices pouvant être utilisés pour la révision ou le plafonnement des baux commerciaux. Il reste néanmoins un indicateur de référence du coût de la construction.
Au 2e trimestre 2026, l'ICC s'établit à 2 103. Il progresse de 0,91 % par rapport au trimestre précédent, où il s'élevait à 2 084.
Sur un an, l'ICC renoue avec la hausse : il progresse de 0,81 % par rapport au 2e trimestre 2025, où il s'établissait à 2 086. Au trimestre précédent, son évolution annuelle était encore négative, à - 2,89 %.
Sur 3 ans, en revanche, l'indice demeure légèrement inférieur à son niveau du 2e trimestre 2023, qui était de 2 123 : l'évolution ressort ainsi à - 0,94 %.
Sur 9 ans, l'ICC affiche une progression de 26,38 % par rapport au 2e trimestre 2017, où il s'établissait à 1 664.
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Comment appliquer ces indices à la révision du loyer ?
L'indice du 2e trimestre 2026 s'applique si le bail prend le deuxième trimestre comme trimestre de référence. Il convient de vérifier la clause sur le loyer du contrat, car c'est elle qui précise l'indice et le trimestre retenus.
L'indexation automatique
Le loyer d'un bail commercial peut évoluer par indexation automatique. Le bail contient alors une clause dite d'échelle mobile. Le loyer évolue selon la variation de l'indice, comme le prévoit le bail.
Si le loyer varie de plus d'un quart par rapport au dernier prix fixé, chaque partie peut demander sa révision. La hausse qui en découle est limitée à 10 % par an.
La révision triennale
Le locataire ou le bailleur peut demander la révision triennale tous les 3 ans. La hausse ou la baisse du loyer ne peut pas dépasser la variation de l'ILC depuis la dernière fixation du loyer.
Il existe une exception : si les facteurs locaux de commercialité ont changé et ont fait varier la valeur locative de plus de 10 %, le loyer peut suivre cette valeur. La hausse reste alors limitée à 10 % par an.
La formule de calcul
La formule de calcul est la suivante :
Nouveau loyer = loyer actuel × (nouvel indice ÷ indice de référence)
Le nouvel indice est celui du 2e trimestre 2026. L'indice de référence est celui retenu lors de la dernière fixation du loyer.
Exemple chiffré
Un locataire loue une boutique 2 000 € HT par mois. Son bail prévoit une indexation chaque année sur l'ILC du 2e trimestre. L'indice de référence est celui du 2e trimestre 2025, soit 136,81.
Le calcul donne : 2 000 × (137,16 ÷ 136,81) = 2 005,12 € HT par mois.
La hausse représente 61,44 € HT sur l'année.
Quelle est la nouveauté introduite par la loi du 26 mai 2026 ?
La loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 a créé un nouvel article dans le Code de commerce, en vigueur depuis le 28 mai 2026.
Le bail commercial peut désormais contenir une clause qui encadre la variation annuelle de l'ILC. En pratique, on l'appelle souvent clause tunnel.
Le principe est simple : bailleur et locataire fixent dans le bail une limite de hausse et une limite de baisse de l'indice. La loi impose que ces deux limites soient identiques. La variation de l'ILC prise en compte reste alors à l'intérieur de ce tunnel, d'une année sur l'autre.
Cette clause vaut pour la révision triennale et pour la révision liée à la clause d'échelle mobile.
Quelles précautions prendre avant de notifier une révision ?
L'erreur la plus fréquente consiste à prendre le dernier indice paru sans relire la clause du bail. Un contrat peut retenir le premier, le troisième ou le quatrième trimestre. Il peut fixer une date précise. Il peut aussi ne contenir aucune clause de révision.
Dans ces situations, remplacer mécaniquement l'ancien loyer par un montant calculé avec le dernier indice publié crée un décompte contestable, même si la formule arithmétique est exacte.
La vérification doit suivre un ordre strict :
- identifier la clause d'indexation ;
- retrouver le trimestre de référence ;
- contrôler la date annuelle de révision ;
- comparer l'indice avec celui du même trimestre de l'année précédente ;
- vérifier le délai de demande et les éventuels plafonds applicables.
Cette méthode permet au bailleur de notifier une hausse défendable et au locataire d'isoler précisément une erreur, sans contester indistinctement toutes les sommes réclamées.
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