Quelles ressources une association peut-elle percevoir ?
Rédigé par Roxane Hidoux
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Une association est autorisée à percevoir un grand nombre de ressources financières : droits d'entrée et cotisations, apports, dons manuels, donations et legs, mécénat...
Sommaire :
Toutes les ressources sont-elles autorisées ?
Une association peut percevoir un grand nombre de ressources :
- les cotisations,
- les dons manuels (➡️ télécharger le guide)
- les donations et les legs,
- les subventions publiques (➡️ télécharger le guide),
- les mises des lotos, loteries et tombolas,
- les produits de la vente de produits ou de services,
- les quêtes sur la voie publique et les souscriptions,
- les recettes issues des manifestations de bienfaisance ou de soutien : concert, spectacle...,
- le sponsoring et le mécénat,
- les loyers perçus en contrepartie de la location du patrimoine mobilier ou immobilier de l'association,
- les intérêts réalisés sur les placements financiers.
Les règles juridiques gouvernant ces différentes ressources sont exposées en détail dans le 📄 Pack Complet Association – 2025.
Réussir la création d'une association

- Rédaction des statuts
- Déclaration de l'association
- Numéro SIRET et protection de la dénomination
- Régime fiscal et obligations comptables
Les cotisations des adhérents
La cotisation représente généralement une importante partie des ressources d'une association.
Il s'agit d'une somme d'argent versée annuellement à l'association, déclarée ou non, pour permettre son fonctionnement et permettant à celui qui la verse d'en devenir adhérent.
Il faut distinguer la cotisation :
- du droit d'entrée qui est une contribution demandée uniquement à la première adhésion du membre ;
- du paiement d'une licence sportive qui permet de s'affilier à une fédération, autorisant ainsi la participation aux compétitions organisées. Elle peut aussi comprendre le paiement d'une assurance ;
- du don qui ne permet pas automatiquement d'obtenir la qualité d'adhérent ;
- de l'apport ;
- et, du prix de vente de produits ou services. Il est possible que la somme versée à titre de cotisation intègre le prix d'un bien ou d'un service. Ce versement additionnel reste qualifié de versement d'un prix.
Sauf si les statuts prévoient le contraire, le paiement d'une cotisation est facultatif. Une association est libre d'en exiger ou non. Son montant est fixé par le conseil d'administration ou l'assemblée générale (➡️ télécharger le guide) en fonction de ses besoins et du nombre de membres.
Les cotisations sont assimilées à des dons ouvrant droit à réduction d'impôt dès lors qu'elles n'ouvrent droit à aucune contrepartie significative.
Il n'est pas utile d'indiquer le montant de la cotisation dans les statuts (➡️ télécharger le guide) car s'il évolue, le changement devra être déclaré à la préfecture. Il est donc préférable de l'indiquer dans le règlement intérieur, tout comme les modalités de remboursement des cotisations.
Les apports
Un apport permet de transférer la propriété d'un bien à l'association en échange d'une contrepartie non financière pour son apporteur (gratuité des services, fonction dans l'association, etc.). Il bénéficie d'un régime fiscal particulier
Une association n'a pas de capital social : elle n'a donc ni associés ni actionnaires.
Il faut distinguer l'apport de la libéralité qui n'a absolument aucune contrepartie pour son donateur et du don, car l'apport peut être récupéré en cas de dissolution (➡️ télécharger le guide) de l'association.
Les membres voire les non-membres peuvent effectuer tous types d'apports : somme d'argent, local, parts sociales, équipement, etc. Mais l'apport peut être affecté de modalités particulières et n'être effectué qu'en usufruit ou en jouissance.
Il convient cependant de veiller à ce que l'apport ne soit pas fait en contradiction avec les statuts ou qu'il n'offre pas à l'apporteur des droits ou avantages qui ne seraient pas accordés aux autres apporteurs.
La situation inverse imposerait la modification des statuts ou l'approbation de l'opération par l'assemblée générale statuant selon les conditions de quorum et de majorité exigés pour la modification des statuts.
Les subventions publiques
Une subvention (➡️ télécharger le guide) publique est une aide financière consentie pour une activité d'intérêt général par une collectivité publique qui n'a pas à être remboursée, sauf si elle n'est pas utilisée.
Il faut distinguer la subvention :
- du prêt qui suppose un remboursement et donne lieu au versement d'intérêts ;
- de la dotation de fonctionnement (aussi appelée prix de journée ou forfait journalier) qui consiste à rembourser totalement ou partiellement une prestation effectuée par l'association ;
- du marché public qui consiste pour la collectivité à acheter un produit ou un service auprès de l'association ;
- des dons qui sont consentis par des particuliers ou des entreprises.
C'est la collectivité compétente qui, après l'examen individuel du dossier, va choisir d'attribuer ou non une subvention ainsi que son montant.
La subvention peut :
- être consentie en espèces ou en nature (location de locaux pour un loyer symbolique, vente d'un terrain à un prix inférieur à celui du marché) ;
- devoir être utilisée ou non pour un objet déterminé. C'est souvent le cas des subventions d'équipement affectées à une construction ou à un aménagement précis et des subventions de fonctionnement destinées à financer un projet précis.
Elle doit être demandée par l'association à l'aide d'un dossier spécifique.
Une subvention peut être renouvelée sans nécessiter de demande supplémentaire uniquement lorsque l'association a signé avec la collectivité versante une convention pluriannuelle. Cette convention garantit le principe du versement d'une subvention mais pas son montant, qui lui devra être déterminé chaque année par la commission délibérante.
En principe, une décision d'attribution ne peut être annulée sauf si :
- elle a été obtenue par fraude. Dans les 4 mois suivant son adoption, la décision pourra être annulée ;
- si les conditions qu'elle énonçait ne sont plus remplies.
Obtenir une subvention pour son association

- Critères d'éligibilité et priorités des financeurs
- Rédaction du projet : méthodologie et exemples
- Convention d'objectifs et obligations légales
- Gérer un refus, un retard ou un retrait
Les dons
Les dons manuels
Les dons manuels sont des dons effectués du vivant du donateur et remis en mains propres (meubles, chèques, billets de banque, virement...). Les seuls biens ne pouvant faire l'objet d'un don manuel sont les locaux, terrains et habitations.
Toute association déclarée à la préfecture peut en bénéficier.
Une association peut-elle récolter des dons sur internet ?
Une association a parfaitement le droit de récolter des fonds en ligne.
L'utilisation d'internet a pour conséquence de donner une dimension nationale à la collecte, même si les dirigeants n'ont pas eu cette intention. Ce qui implique de respecter la réglementation de l'appel à la générosité du public.
Cette réglementation impose la déclaration préalable de la campagne et la création d'un compte d'emploi des ressources, lorsque le montant des dons collectés dépasse 153 000 € au cours de l'un des 2 exercices précédents ou de l'exercice en cours. Le compte d'emploi des ressources est intégré dans l'annexe des comptes et mis à la disposition des adhérents et des donateurs.
Les libéralités
Les libéralités sont des sommes transmises entre vif, devant notaire, (donations) ou par testament (legs).
Seules certaines associations dont les associations reconnues d'utilité publique, sont autorisées à recevoir ce type de don (➡️ télécharger le guide). Ces dons donnent droit à une réduction d'impôt.
Les dons effectués du vivant du donateur peuvent ouvrir droit à réduction d'impôt.
Recevoir des dons

- Conditions à respecter
- Dons autorisés
- Reçus fiscaux
- Obligations déclaratives
Le mécénat et le parrainage
Une opération de mécénat consiste pour une entreprise à apporter un soutien matériel (produit, service, main d'oeuvre) ou financier à une association ou à une manifestation particulière.
Alors que le parrainage a une contrepartie publicitaire et comporte l'indication du nom ou de la marque du parrain afin de promouvoir son image, le mécénat n'a pour son auteur aucune contrepartie directe (seules des mentions modestes sur les documents de communication sont admises).
Les différentes formes de mécénat
Le mécénat financier
Il s'agit d'un don d'argent (virement, chèque, versement de cotisations...). Seuls les dons faits par l'entreprise sont éligibles à la réduction fiscale au titre du mécénat, ce qui exclue les dons faits par ses salariés.
Le mécénat en nature
Il peut s'agir :
- de l'exécution de prestations de services (entretien, imprimerie, réparations...). Par exemple, une agence de communication va réaliser la maquette des affiches de l'association, un imprimeur va la reproduire en 1000 exemplaires ;
- de la fourniture de marchandises en stock (ordinateurs, équipements sportifs...) ;
- du don d'une immobilisation (matériel, véhicule, mobilier).
Le mécénat de compétences
Il s'agit de mettre à la disposition de l'association des compétences (comptabilité, gestion, communication, droit...), du savoir-faire ou des techniques. A cet effet, l'entreprise va mettre à sa disposition des salariés volontaires, pendant leur temps de travail. Par exemple, l'entreprise mécène va autoriser son comptable à se rendre une demi-journée par semaine au sein des locaux de l'association, pour l'aider à tenir sa comptabilité.
Le mécénat de compétences peut s'effectuer dans 2 cadres :
- la prestation de services. L'entreprise s'engage à réaliser une prestation déterminée (par exemple, construction d'un local) au profit de l'association. Les salariés restent sous la direction de leur employeur qui assure dans leur totalité le règlement des charges sociales afférentes aux salariés concernés ;
- le prêt de main d'oeuvre. Le mécène met certains de ses salariés à disposition de l'association. Celui-ci reste leur employeur mais l'association devient responsable des conditions d'exécution du travail des salariés. Attention, le prêt exclusif de main d'oeuvre à but lucratif est interdit, sauf s'il est pratiqué par une entreprise de travail intérimaire. Seule la mise à disposition, lucrative, d'une personne ayant un savoir-faire distinct de celui des salariés de l'association utilisatrice et restant sous l'autorité de son employeur est licite (Cass. soc. 17-2-2016 n° 15-12.262).
Les différentes formes de sponsoring
Contrairement au mécène, le sponsor attend des bénéfices de son soutien à l'association.
Exemples :
- Une meilleure image. L'opération consiste à construire une image du sponsor, en recherchant une cohérence avec le public que vise l'association, la spécificité de l'entreprise du sponsor ainsi que l'action sponsorisée. Moins que de faire connaître le nom du produit ou de l'entreprise du sponsor, la démarche vise plutôt à construire ou à renforcer l'image du sponsor.
- Un gain de notoriété. La démarche consiste à faire voir à un maximum de personnes le nom de la marque ou de l'entreprise du sponsor. Le sponsoring sera destiné à couvrir d'espaces publicitaires l'évènement, l'association ou le lieu sponsorisé, ses affiches, ses brochures... L'objectif est de faire connaître le nom des produits ou de l'entreprise du sponsor et de le rendre présent à l'esprit d'un maximum de clients potentiels.
- Un gain de crédibilité. Cette opération consiste à associer la qualité de l'association ou de l'évènement à la qualité des produits de l'entreprise. Le sponsoring a ici une visée médiatique, ce qui limite le choix du secteur sponsorisable. En effet, les entreprises souhaitant pratiquer le sponsoring de crédibilité n'investissent que dans des associations sportives ou culturelles directement liées à leurs activités commerciales.
Le sponsoring peut prendre les mêmes formes que le mécénat (sponsoring financier, sponsoring en nature et sponsoring de compétences).
Les quêtes et souscriptions
Les quêtes et les souscriptions sont des actions sollicitant la générosité du public, mais la quête sollicite directement le public. Elle nécessite donc une autorisation préfectorale.
En revanche, la souscription ne sollicite qu'indirectement le public (presse, tracts, prospectus). C'est pour cela qu'elle ne nécessite pas d'autorisation préfectorale.
Les emprunts
L'association peut emprunter auprès d'une autre association ou d'une banque, excepté l'association reconnue d'utilité publique qui, en raison de son statut particulier, doit obtenir au préalable une autorisation préfectorale.
Les placements
Dividendes
Une association détenant des titres d'une société commerciale ou de sa filiale, créée pour exploiter une activité à caractère lucratif, peut percevoir des dividendes.
Celles-ci sont en principe imposées à l'impôt sur les sociétés.
Revenus fonciers
Une association peut percevoir des revenus :
- de la location des terrains et locaux qu'elle est autorisée à détenir ;
- de la location d'un terrain ou d'un local qu'elle détient indirectement. C'est le cas quand elle est associée d'une Société civile immobilière possédant un immeuble. Elle reçoit alors les revenus de la location de cet immeuble par la société ;
- de la location-gérance d'un fonds de commerce dont elle est propriétaire. L'association exploitant une activité commerciale peut la louer et percevoir une redevance.
Revenus financiers
Rien n'interdit à l'association de placer ses fonds auprès d'un établissement bancaires et d'en percevoir des revenus financiers.
Elle peut ainsi placer sa trésorerie sur des livrets d'épargne, sur des portefeuilles de titres (SICAV ou FCP), en obligations ou en actions.
Rédiger les statuts d'une association

- Modèles de clauses adaptées
- Répartition des pouvoirs entre membres et dirigeants
- Protection du nom et procédures d'adhésion optimisées
- Gestion des activités économiques
Faut-il indiquer les ressources prévues dans les statuts de l'association ?
En principe, rien n'oblige à mentionner dans les statuts (➡️ télécharger le guide) les ressources que prévoit de percevoir l'association.
C'est uniquement si l'association envisage de percevoir des ressources autres que des cotisations, un droit d'entrée, des subventions (➡️ télécharger le guide) ou des dons (➡️ télécharger le guide) et legs, qu'elle doit le préciser.
Cette obligation s'impose dans les cas suivants :
- l'association vend des produits ou effectue des prestations de services à titre habituel ;
- l'association émet des titres obligataires ;
- l'association reçoit des libéralités dans le cadre de son activité de bienfaisance, de recherches scientifiques ou médicales.
Dans ces 3 hypothèses, un membre peut refuser que l'association organise une manifestation qui amènerait des ressources autres que celles initialement définies.
Si ces ressources ne sont pas encore déterminées, la mention selon laquelle l'association « pourra percevoir toutes les autres ressources qui ne lui sont pas expressément interdites par les lois et règlements en vigueur » est suffisante.
Certaines ressources entraînent-elles la fiscalisation de l'association ?
Seule la perception de revenus d'activités commerciales peut éventuellement entraîner la fiscalisation de l'association.
Si les ventes de biens et services restent marginales par rapport aux autres activités de l'association et qu'elles n'excèdent pas 80 011 € (montant 2025), l'association reste exonérée de TVA, d'impôt sur les sociétés et de contribution économique territoriale.
Si la limite des 80 011 € est franchie ou que l'activité économique constitue l'activité prépondérante de l'association, son caractère non lucratif peut être remis en cause et entraîner sa fiscalisation.
Exemples :
- l'activité des dirigeants n'est pas exercée bénévolement ;
- l'association entre en concurrence avec des entreprises du même secteur ;
- les conditions d'exercice de l'activité sont similaires à celle d'une entreprise commerciale. Pour cela, il faut mener une étude approfondie du produit ou du service proposé par l'association, du public visé, du prix fixé et de la publicité éventuellement mise en oeuvre. L'examen de ces 4 critères permet de savoir si l'association cherche à se placer sur le marché comme une entreprise.
Une association exerçant une activité économique et fiscalisée se voit imposer des obligations comptables supplémentaires :
- tenue d'une comptabilité en partie double conforme au plan comptable des associations,
- établissement de comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe),
- mentions supplémentaires sur les factures.
Pack Complet Association – 2025 (lot de 13 guides)
- Formalités de création
- Cotisations, dons et subventions
- Rémunération des dirigeants et remboursement de frais
- Assemblées générales, modification des statuts et dissolution
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