Un micro-entrepreneur peut-il être coiffeur à domicile ?

De nombreux coiffeurs indépendants optent pour la micro-entreprise. Quelles sont les particularités de ce régime ?

Salon de coiffure en micro-entrepreneur : possible ou pas ?

Rien n'interdit d'ouvrir un salon de coiffure sous le régime de la micro-entreprise, qu'il s'agisse d'ouvrir un salon dans votre domicile, dans un local extérieur voire d'acheter un fonds de commerce.

Dans tous les cas, votre chiffre d'affaires ne doit pas dépasser :

  • 70 000 euros pour les prestations de coiffure en elles-mêmes,
  • 170 000 euros pour les ventes de produit (shampoings, accessoires...).

Si le dépassement est faible, vous pourrez conserver votre statut. A défaut, vous deviendrez un entrepreneur individuel soumis au régime réel.

Salon de coiffure en micro-entrepreneur : un diplôme est-il nécessaire ?

Même si vous optez pour le régime de la micro-entreprise, les conditions de qualification restent identiques.

Il est possible d'ouvrir un salon de coiffure sans BP ou sans BM de coiffure mais vous ne pourrez exercer votre activité que sous le contrôle effectif et permanent d'une personne justifiant d'une qualification professionnelle.

Salon de coiffure en micro-entrepreneur : avantages et inconvénients

Avantages de l'ouverture d'un salon de coiffure en micro-entrepreneur :

Inconvénients de l'ouverture d'un salon de coiffure en micro-entrepreneur :

  • Pas de déduction possible des achats et des frais d'exploitation.
  • Le régime est limité à des seuils assez bas de chiffres d'affaires.
  • Les investissements réalisés ne peuvent être amortis fiscalement.
  • Les charges sociales sont calculées sur le chiffre d'affaires et non sur les bénéfices de l'entreprise. Pour l'impôt sur le revenu, un abattement représentatif de vos frais est appliqué avant calcul de l'impôt (sauf option pour le versement fiscal libératoire).

Ce régime est bien adapté aux coiffeurs souhaitant démarrer doucement leur activité sans réaliser d'investissements ni embaucher un salarié. En revanche, le régime de la micro-entreprise s'avère totalement inadapté aux coiffeurs prévoyant des achats, des investissements et des frais d'exploitation tels que des stocks, du matériel, des aménagements, des loyers, etc. Il est également inadapté dans le cadre d'embauche d'un salarié même à temps partiel et dans le cadre d'un développement de l'activité.

Salon de coiffure en micro-entrepreneur : attention au travail dissimulé

De plus en plus de salons de coiffure demandent à leurs salariés de démissionner pour être repris sur le même poste en tant que micro-entrepreneurs.

Cette solution ne présente des avantages que pour l'employeur :

  • l'ancien salarié ne bénéficie plus d'aucune garantie quant à son temps de travail et à sa rémunération : les gains seront fonction des clients fréquentant le salon et des tâches que le responsable voudra bien lui confier,
  • la protection sociale et la retraite cotisée sont au minimum, la mutuelle obligatoire disparaissant,
  • les indemnités versées en cas d'arrêt maladie sont beaucoup plus faibles,
  • il perd le droit aux congés payés,
  • en cas de litiges, il ne pourra plus saisir le Conseil de Prud'hommes mais devra saisir le tribunal de commerce.

Dans certains cas, le contrat conclu avec le responsable d'un salon de coiffure peut-être requalifié en contrat de travail par l'Urssaf.

C'est le cas, si le coiffeur micro-entrepreneur a un seul client et que l'Urssaf peut prouver qu'un lien de subordination existe entre lui et le responsable du salon, c'est-à-dire si ce dernier impose des consignes strictes, des horaires de travail préétablis, une facturation au nombre d'heures ou de jours...

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