Des retards et absences injustifiées sont-ils une cause de licenciement ?

Les retards fréquents et absences injustifiées peuvent être sanctionnés par l'employeur et dans certains cas conduire au licenciement.

Les retards fréquents justifient-ils un licenciement ?

Les retards peu fréquents ou de faible importance (quelques minutes) ne peuvent pas justifier un licenciement. Ils peuvent seulement donner lieu à une sanction disciplinaire. Ce fut le cas d'un salarié qui avait systématiquement quelques minutes de retard chaque matin, alors que l'horaire de travail n'est pas rigoureusement observé dans l'entreprise, et qui effectuait entre 15 et 30 minutes supplémentaires pour les rattraper (Cass. soc., 8 juill. 1982).

Des retards répétés occasionnant de graves perturbations dans le travail peuvent être constitutifs d'une faute simple. Si le salarié a continué d'arriver régulièrement en retard après avoir reçu des avertissements et fait l'objet d'une mise à pied, il pourra même être licencié pour faute grave.

Mais attention, l'employeur qui s'est longtemps accommodé des retards d'un salarié ne peut pas subitement décider de le sanctionner sans lui faire auparavant le moindre reproche.

Les absences injustifiées justifient-elles un licenciement ?

En cas d'absence injustifiée ou non autorisée, l'employeur pourra généralement se tourner vers un licenciement pour faute grave. C'est le cas lorsque :

  • le salarié refuse d'avancer les raisons de ses absences, malgré une absence prolongée et des lettres de son employeur ;
  • le salarié ne fait pas parvenir à son employeur une prolongation d'arrêt de travail et refuse de se présenter à la visite médicale de reprise obligatoire malgré plusieurs mises en demeure ;
  • le salarié décide de s'absenter sans motif alors que le moment choisi est particulièrement préjudiciable à l'entreprise (veille de la fermeture annuelle de l'établissement, période d'intense activité...) ;
  • le salarié commet un acte d'insubordination en prenant un congé sans obtenir l'autorisation de son employeur ou malgré son refus ;
  • le salarié accumule un grand nombre d'absences injustifiées (12 en 6 mois, par exemple).

La non-reprise du travail après un congé justifie-t-elle un licenciement ?

Si l'employé ne reprend pas son poste après un congé ou un arrêt de travail, l'absence injustifiée peut faire l'objet d'une sanction disciplinaire qu'il faut adapter en fonction des circonstances : ancienneté du salarié, caractère isolé de la faute, durée de l'absence, comportement du salarié... En aucun cas, le salarié ne peut être considéré comme démissionnaire.

La faute grave ne pourra être retenue que dans certains cas :

  • le salarié ne prend pas la peine d'expliquer les raisons de son absence, malgré plusieurs sommations de son employeur ;
  • l'absence du salarié est particulièrement préjudiciable à l'entreprise. C'est le cas lorsqu'il est le seul à accomplir sa tâche dans l'entreprise.

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