Devenir franchisé : droit d'entrée, frais d'installation et redevances



Droit d'entrée, frais de mise en place, redevances... la création d'une entreprise en franchise engendre de nombreux frais.

Le droit d'entrée en franchise

Le droit d'entrée peut comprendre des éléments très différents selon le réseau. Il inclut généralement le droit d'utilisation des éléments incorporels que le franchiseur met à la disposition du franchisé, de la marque et du savoir-faire. Il peut aussi financer des prestations nécessaires au démarrage : recherche d'emplacement, recrutement de personnel, mise à disposition du personnel prêté pour la préouverture, formation, recherche du financement etc.

Il appartient donc au candidat à la franchise de faire jouer la concurrence.

Quand doit-on payer un droit d'entrée en franchise ?

Le droit d'entrée est l'une des rares clauses du contrat qui peut être négociée. Mais seuls les jeunes réseaux qui n'ont pas encore fait leurs preuves peuvent se permettre de diminuer le droit d'entrée voire de l'offrir aux premiers franchisés, afin d'accélérer leur développement.

Il faut se méfier d'une absence de droit d'entrée. Celui-ci étant conçu pour financer la transmission du savoir-faire, une absence de droit d'entrée signifierait qu'il n'y a pas de savoir-faire à transmettre.

Les franchises qui exigent un droit d'entrée élevé alors qu'il n'y a pas de formation ni une marque qui apporte vraiment un plus doivent également inciter à la méfiance.

En principe, le créateur d'entreprise verse la totalité du droit d'entrée le jour où il signe son contrat de franchise. Certains franchiseurs acceptent toutefois d'échelonner le paiement : un tiers à la signature du contrat, un tiers après la formation et un tiers à l'ouverture du point de vente.

Dans certains cas, le contrat de franchise est précédé d'un contrat de réservation de zone lors duquel un premier versement peut être exigé. Celui-ci sera normalement imputé sur le droit d'entrée.

A combien s'élève le droit d'entrée en franchise ?

Le franchiseur peut fixer le droit d'entrée qu'il souhaite : celui-ci atteint en moyenne 17 600 € et peut monter jusqu'à 30 000 € dans la restauration rapide. Mais, en aucun cas, le franchisé ne doit accepter de régler un droit d'entrée important sans qu'une raison objective ne lui soit apportée pour expliquer ce montant.

Dans l'équipement à la personne (coiffure, optique, beauté, bijouterie, etc.) il est généralement inférieur à 10 000 €. On retrouve les montants les plus élevés dans le secteur des services (17 944 €), de l'alimentation (18 966 €), de l'habitat (22 624€) et de la restauration (28 865 €).

En toute logique, il doit être proportionnel à la montée en puissance du réseau, donc augmenter avec la taille du réseau et sa notoriété.

Les frais de création en franchise

Les frais de mise en place

Pour bien choisir votre réseau, vous devrez procéder à quelques vérifications : consultation de votre expert-comptable pour la lecture des bilans fournis par le franchiseur ainsi que la réalisation de votre budget prévisionnel, d'un conseiller juridique pour déterminer quelle structure conviendra le mieux à votre activité, déplacements pour rencontrer le franchiseur et les franchisés, pour sélectionner votre emplacement s'il n'est pas sur votre ville...

Une fois votre réseau choisi, vous devrez créer votre structure et vous acquitter des frais d'inscription au registre du commerce et des sociétés et de publication dans un journal d'annonces légales.

Les frais d'installation dans le local

Ce sont les frais d'installation qui sont généralement les plus importants. Ils incluent :

  • la location d'un local commercial, plus les 2 ou 3 mois de caution à payer d'avance.
  • la mise aux normes du point de vente : enseigne, façade, mobilier intérieur, décor, mise en scène... Les frais oscillent entre 1 291 €/m2 en moyenne dans la restauration à thème (cuisine italienne, restaurants grills, brasseries, etc.) et 57 €/m2 dans les services aux entreprises (communication, conseil aux PME, publicité, etc.).
  • l'agencement. Les activités nécessitant le moins d'investissements sont le courtage en travaux, le conseil aux PME, la publicité, la communication, l'assistance informatique, la garde d'enfants, le dépôt-vente, les services à la personne... Les frais les plus élevés se retrouvent dans tout ce qui est lié à la restauration.
  • la mise aux couleurs de l'enseigne. C'est dans les activités de service et de l'habillement que le coût est le plus modéré. En revanche, il atteint des sommets dans le domaine de la restauration (79 000 € en moyenne), l'alimentaire (54 700 €) et la réparation automobile (37 900 €). Certains réseaux disposent d'équipes spécialisées qui s'occupent de ces travaux d'agencement, souvent pour un tarif moindre. Mais vérifiez que les coûts affichés restent cohérents et que le concept magasin imposé par le franchiseur n'est pas trop ancien : dans le cas contraire, vous risquerez de devoir réinvestir pour refaire tout votre point de vente.
  • l'achat du stock initial (sauf en commission-affiliation). C'est dans tout ce qui est lié au luxe que les frais sont les plus importants. Au coût de ce stock de départ, qui lui permettra de garnir les rayons de son magasin, le candidat devra parfois ajouter celui d'un dépôt de garantie qui lui sera réclamé par le franchiseur. Recherchez à quelles conditions votre marchandise sera reprise ou déstockée le jour où vous quitterez le réseau.
  • le fonds de roulement. Dans certains secteurs, les premières rentrées d'argent peuvent mettre plusieurs mois à tomber (prestations aux entreprises, agences immobilières, construction...). Cette trésorerie vous permettra de tenir les premiers mois d'activités : loyer, salaires des employés...
  • la mise en place d'un plan de communication local. Pour faire venir vos premiers clients, vous aurez besoin de mener une campagne de publicité initiale.

Les redevances et royalties en franchise

A quoi servent les redevances dans un contrat de franchise ?

Les redevances ou royalties d'exploitation sont généralement destinées à rémunérer la fourniture d'une assistance technico-commerciale, la formation continue du franchisé et/ou de son personnel, les frais d'animation du réseau, la mise à disposition d'une centrale d'achat ainsi que la concession accordée pour l'exploitation du concept.

Lorsque le franchiseur engage des actions de communication, au niveau local ou national, il peut également imposer le règlement d'une redevance publicitaire au franchisé, généralement proportionnelle à son chiffre d'affaires.

Celle-ci a un statut particulier car le franchiseur n'a pas le droit de prélever le moindre bénéfice sur cette redevance. Elle doit servir à financer le budget dédié à la communication et non rémunérer le franchiseur pour un service rendu ou un droit octroyé d'utiliser la marque.

Dans les jeunes réseaux, qui n'ont pas les moyens d'engager des campagnes de publicité de grande envergure, les redevances publicitaires sont généralement remplacées par la fourniture de kits de communication aux franchisés pour la mise en place d'actions locales plus ciblées.

Comment sont calculées les redevances du franchisé ?

Les redevances d'exploitation peuvent avoir un montant très variable d'une enseigne à une autre, de 1 à 15% du chiffre d'affaires hors taxe. Plus celui-ci est élevé, plus l'accompagnement et l'assistance fournis sont importants.

D'autres enseignes fixent les redevances de façon forfaitaire. D'autres ont adopté un mode de calcul proportionnel mais dégressif, en fonction de l'ampleur du chiffre d'affaires.

À l'inverse du droit d'entrée, les redevances sont à verser pendant toute la durée du contrat et sont susceptibles d'être modifiées en cours de contrat. Elles sont rarement négociables.

Les redevances sont-elles dues en cas de difficultés financières du franchisé ?

L'insuffisance du chiffre d'affaires du franchisé ne l'exonère en rien du paiement.

Pour arrêter valablement de payer ses redevances, il faudrait qu'il rapporte la preuve que le franchiseur n'a pas lui-même exécuté les obligations causant le paiement de la redevance : absence de référencement des produits, de marketing, de communication, d'animations commerciales, de publicité nationale, d'animation du réseau, etc.